Non-dit autour de l'offre australienne d'un
sanctuaire des cétacés dans le Pacifique Sud
La
proposition de l’Australie en faveur d’un sanctuaire des cétacés dans le
Pacifique Sud, point clé de l’ordre du jour des pays du-même-avis à la 52e
session de la Commission baleinière internationale, fut au centre d’un flot d’injures
et de dénigrements pas très élégants à l’égard de petits pays des
Caraïbes, lesquels jouèrent les David face à la coterie des Goliath
du-même-avis. Finalement, comme dans l’histoire de la Bible, le géant
australien resta sans vie et le minuscule David antillais fut vainqueur.
Greenpeace attribua la défaite de la proposition d’un
sanctuaire dans le Pacifique Sud à la solidarité des six pays des Caraïbes. Greenpeace,
l’International Fund for Animal Welfare (IFAW) et d’autres ONG
extrémistes s’étaient alliés aux pays du-même-avis pour appuyer la
proposition australienne.
Au cours des délibérations sur le sanctuaire, les
observateurs, comme les délégués, réalisèrent que le vote du bloc des
Caraïbes s’avérerait décisif quant au sort de la proposition australienne.
Lorsque, dans les coulisses, les manoeuvres pour parvenir à une majorité
apparurent vouée à l’échec, ces mêmes ONG lancèrent une campagne de
diffamation vicieuse, focalisée sur le pays insulaire qu’est la Dominique.
L’IFAW et d’autres ONG inondèrent la presse locale et
internationale d’accusations, selon lesquelles le Japon aurait
"acheté" les votes des Caraïbes avec le leurre de l’aide
extérieure. Cette accusation sembla devenir crédible lorsque M. Martin,
Ministre de l’Environnement de la Dominique – qui se trouve avoir été un
directeur d’IFAW – démissionna, après le décompte des votes, et
prétendit qu’"il n’y avait absolument aucune raison pour que la
Dominique soit tenue en otage par le Japon, en échange de promesses d’aide".
En fait, le Ministre Martin de la Dominique n’avait pas
démissionné volontairement. Il avait été forcé de le faire, sur ordre du
premier ministre de son pays, parce qu’il s’était aligné sur les ONG
extrémistes, comme l’IFAW, en opposition directe avec la politique de
"solidarité ministérielle" de son pays, laquelle relève du système
parlementaire britannique. La sympathie entre le ministre de l’Environnement
et les pays et ONG anti-chasse à la baleine fut évidente tout au long de la
CBI 52, ainsi qu’elle l’avait été précédemment à la CdP11 de la CITES.
Les présentations de l’incident par la presse n’ont pas
fait apparaître que les pays amis se comportent en amis (ils se parlent, s’appuient
et se rendent visite) et que les principaux bénéficiaires de l’aide
extérieure japonaise – l’Inde, le Kenya, le Brésil, l’Argentine et le
Mexique – sont favorables aux pays du-même-avis et de la proposition de
sanctuaire et, presque constamment, s’opposent à la philosophie du Japon,
soit à la CITES, soit à la CBI. Par ailleurs, la pression des pays soutenant
la proposition de sanctuaire, pour faire taire les voix d’opposition des Etats
qui dépendent économiquement des gouvernements riches du-même-avis, fut
également ignorée. Exemple typique de ce silence: le départ pas tellement
mystérieux des Iles Salomon au cours de la session, en raison des menaces
ouvertes du Premier ministre australien et du Ministre Hill, dont il question
par ailleurs.