Cancun, Mexique, le 10
septembre 2003: Un leader international de la défense de l’environnement
à annoncé aujourd’hui même que l’industrie de la pêche risquait d’être
anéantie, non pas par la surpêche mais parce que des groupes d’activistes
occidentaux la prennent pour cible en la décrivant comme "la
prochaine grande question environnementale".
S’exprimant devant le Symposium international sur le commerce de la
pêche durable à Cancun, au Mexique, Eugène Lapointe, président d’IWMC
World Conservation Trust, a averti que la pêche sera la prochaine
cible de grands groupes de campagne écologistes, et prédit qu’elle sera
bientôt mise en cause à l’égal du réchauffement de la terre et de la
destruction des forêts humides.
M. Lapointe, ancien secrétaire général de la CITES, la Convention sur
le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages
menacées d’extinction, s’est exprimé ainsi dans un exposé sur la
mondialisation. Il a soutenu que l’un des aspects de la mondialisation,
que l’on ne met guère en évidence, est le fait qu’elle a permis à de
riches groupes de pression occidentaux d’influencer le mode de vie de
communautés de pays moins développés, pouvant être très petites et
isolées. De la part des groupes écologistes, ce changement est presque
toujours destructif, parce que, tout comme le faisait les impérialistes
britanniques du XIXe siècle, les militants tentent d’appliquer et de
mettre en oeuvre leurs conceptions particulières des valeurs occidentales
sans tenir compte, comme il conviendrait, des besoins locaux des êtres
humains.
"Le désir impérieux de soumettre une culture à la volonté d’une
autre est toujours là. Le nouvel impérialiste culturel ne brandit pas une
bible; il vous met sous le nez un manuel écologiste et vous appelle à y
adhérer. Il ne prêche pas l’adhésion à une église spirituellement
éclairée; il professe la participation à une organisation non
gouvermementale (ONG) moralement supérieure. Il ne veut pas sauver votre
âme; ses ouailles seront vos oiseaux, vos éléphants, vos reptiles, vos
poissons. Lui seul sait comment en prendre soin et s’en
préoccuper."
Au cours de son exposé, M. Lapointe a fait remarquer que les ONG sont
sans cesse en campagne pour collecter des fonds, en mettant en lumière de
nouvelles crises environnementales et en se vendant comme les gardiens de
la planète. Avertissant que ce genre de campagne met malhonnêtement en
danger les moyens d’existence de nombreux travailleurs du monde entier,
M. Lapointe a déclaré:
"Les tentatives d’ONG occidentales de mondialiser la culture ne
peut aller qu’à l’encontre des intérêts des pêcheurs. Les ONG se
moquent des emplois et des traditions locales. Pour elles, ‘sauver’ un
poisson suffit à justifier leurs campagnes."
M. Lapointe a aussi fait observer que la pêche est particulièrement
attrayante aux yeux des ONG, parce que, contrairement aux forêts humides
et même aux baleines, il est difficile d’estimer avec précision les
populations de poissons et de mesurer l’importance réelle d’un
problème mis en avant. Les militants pourront toujours prétendre que des
populations sont en péril, que se soit ou non vrai. Et il sera très
difficile de prouver le contraire.
M. Lapointe a dit enfin: "Là où les populations de poissons font
vraiment face à des problèmes, des mécanismes de gestion doivent être
mis en place. C’est d’ailleurs déjà ce qui ce produit. Mais ce dont
nous n’avons pas besoin, c’est de slogans simplistes et de restrictions
injustifiées, élaborés dans leur tour d’ivoire par des militants qui,
sans nécessité aucune, détruisent, tout autour du globe, des
communautés traditionnelles de pêcheurs." 
Le texte complet de l’exposé de
M. Lapointe se trouve sur le site
www.iwmc.org/fish/030909-1.htm