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La Shell ne saurait endosser les
risques de Sakhaline
Montréal, le 23 février 2005: L'IWMC,
le groupe leader en ce qui concerne la conservation des ressources naturelles
par leur utilisation durable, se joint aujourd'hui à l'appel lancé à la Shell
pour qu'elle abandonne ses plans de développement de champs gaziers près de
l'île de Sakhaline, en Fédération de Russie, en raison des menaces qu'ils
représenteraient pour la petite population locale de baleines grises
occidentales déjà gravement menacée d'extinction.
Un rapport commandé par la Sakhalin Energy
Investment Company Ltd. (SEIC), filiale de la Shell, et élaboré par un groupe
d'étude scientifique indépendant constitué par l'UICN (Union mondiale pour la
nature) a conclu que cette population de baleines, qui compte environ 100
animaux, pourrait être menacée par la poursuite du projet connu sous le nom de
Sakhaline II.
Les activités industrielles de la SEIC sont
entreprises dans les seules aires d'alimentation de ces baleines grises et la
compagnie avait demandé au groupe d'établir si oui ou non la phase 2 du
projet, telle que prévue, pourrait être gérée de manière efficace.
Le groupe a conclu que dans le cas de cette
petite population de cétacés, la question n'était pas de savoir comment
gérer les risques mais comment les éviter. Il a démontré que la population
de baleines grises pourrait ne pas se rétablir, même en l'absence de tout
risque autre que ceux auxquels elle doit déjà faire face. Les risques seraient
considérablement augmentés par les effets vraisemblables que produiraient tous
les scénarios examinés par le groupe, les effets persistants, peut-être
faibles, ayant potentiellement des conséquences graves pour l'état de
l'ensemble de la population.
Eugène Lapointe, président d'IWMC, a
déclaré: "Il est fort douteux que la prochaine phase du projet Sakhaline
II puisse être réalisée sur une base durable. Au vu du rapport qu'elle a
commandé, ce serait folie pour la Shell que de continuer et de mettre en péril
la survie même de la baleine grise occidentale. La Shell deviendrait un paria
international si cette espèce devait souffrir du développement futur de
Sakhaline II."
Alors qu'elle a publiquement salué le rapport
du groupe de l'UICN, la Shell a indiqué qu'elle irait de l'avant avec son
projet et qu'elle prendrait sa propre décision quant au tracé définitif du
gazoduc.
M. Lapointe a ajouté: "Le rapport du
groupe de l'UICN fait autorité, est indépendant et public et il ne saurait
être éludé. Même si aucune entreprise commerciale ne souhaite renoncer aux
bénéfices d'une affaire potentiellement lucrative, les actionnaires de la
Shell doivent reconnaître que la compagnie se trouve maintenant dans une
situation délicate. La Shell a déjà renoncé à son droit de prendre sa
propre décision et, compte tenu des conclusions du groupe, elle n'a pas d'autre
choix que de s'y conformer, pour autant qu'elle tienne à préserver sa
réputation."
Plutôt que d'exploiter les champs de gaz de
Sakhaline, la Shell devrait, de l'avis de l'IWMC, envisager l'élaboration de la
stratégie globale de conservation des baleines grises de l'Asie orientale
recommandée par le groupe dans son rapport.
For further information,
contact Eugène Lapointe
Florida: +1(727) 734-4949 or email: iwmc@iwmc.org |